Ma bouteille en plastique, moteur de la crise climatique

Vous avez tou.te.s entendu.es parler de la crise climatique. C'est un fait. Les températures au niveau mondial sont à la hausse depuis plus d’un siècle et le réchauffement de la planète est en train de s'accélérer dû à l'immense quantité d'émissions de gaz à effet de serre que nous produisons. Mais quel est le lien entre une bouteille en plastique et la crise climatique ? On vous explique tout. 

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Imaginez... Demain, vous vous rendez dans un magasin afin d'acheter rapidement une bouteille d'eau pour votre déjeuner sur le pouce. Geste anodin ? En réalité pas du tout. Pour le comprendre, direction les procédés de fabrication du plastique. 

L’essence même du plastique, c’est le pétrole. Quel jeu de mot ! Le pétrole est utilisé parce qu’il contient des molécules de carbone nécessaire à la fabrication du plastique et que cette solution reste la moins onéreuse. 

Le pétrole brut est transformé en raffinerie. Chauffé à 370° dans une tour de distillation, les produits pétrochimiques vont être séparés. La séparation se fait selon le poids des produits, les plus lourds en bas (bitumes, le fuel, le kérosène) et les plus légers en haut (naphta, essence, gaz). Celui qui nous intéresse ici est le naphta. Une fois extrait, cette fraction sera transformée dans une industrie pétrochimique en engrais, parfum, médicaments et plastique. Ce plastique issu de la pétrochimie est non biodégradable. Pour faire des résines plastiques il faut donc des matières premières issues du pétrole comme le naphta, mais aussi du gaz naturel et du charbon. Comptez environ 2,3 litres de pétrole pour un kilo de polystyrène. 

À la suite de ces étapes, s’ensuivent des procédés de transformation par vapocraquage. C’est une suite de bain de vapeurs à différentes températures (800°C, 400°C) qui entraînent des modifications chimiques pour l’obtention de monomères comme éthylène, butylène, propylène, benzène… En bref, de toutes petites molécules qui vont pouvoir être rassemblées pour créer des chaînes de molécules qui vont être finalement les premières briques du plastique. Puis, les industriels vont choisir la meilleure association de monomère pour fabriquer leur produit miraculeux final, le polymère !

Une fois les polymères réalisés, c’est la fabrication de l’objet en plastique lui-même qui peut commencer. Tout un tas de procédé coûteux en énergie et consommateur en produits chimiques sont nécessaires.    

Bouteille en plastique, crise climatique
Quel lien avec le réchauffement climatique ?

Pour mesurer l’impact sur le réchauffement climatique de votre bouteille en plastique, il faut donc prendre en compte tout son cycle de vie. C’est-à-dire les procédés de fabrication de l’objet, l’énergie utilisée et les transports associés. Mais ce n'est pas tout. Il faut aussi prendre en compte le processus d’après, celui de la fin de vie de la boîte.

L’élimination des matières plastiques est difficile et passe par l’incinération et les rejets dans le milieu naturel. Des microplastiques et des nanoplastiques sont retrouvés partout, dans l’eau que nous buvons (robinet et eau minérale), dans les océans, dans les intestins d’animaux marins et terrestres, dans nos cheveux, et ceux de nos enfants… Les conséquences sur la santé sont encore peu connues, mais il est fort à parier que tout cela ne présage rien de bon.  

Pourtant, la production mondiale de plastique ne fait qu’augmenter : près de 3% par an pour répondre aux besoins (en 2019). Face à cette augmentation les infrastructures liées aux combustibles fossiles sont monopolisées. Les phases d’exploration, d’extraction, de transport et de raffinage du pétrole, du gaz naturel et du charbon ne faut qu'augmenter et émettre davantage de gaz à effet de serre. Une étude a montré que la dégradation naturelle des plastiques, libérait aussi des gaz. La production de plastique pourrait donc générer 53,5 milliards de tonnes d’émissions de CO2 (éq CO2) d’ici à 2050. 

La solution ? Changer sa consommation 

On comprend l’importance ici des gestes de consommation. Boycotter l’achat de plastique issu de la pétrochimie, revient à encourager les industriels à trouver des alternatives plus durables. La production mondiale de plastique était de 2 millions de tonnes en 1950 et est passée à 360 millions de tonnes en 2018 (augmentation d’un facteur 200). En d'autres termes : la consommation a doublé ces 20 dernières années. À ce train-là, il est prévu qu’elle quadruple en 2050. Envie de rater le train ? Oui, 100 fois oui. 

Le choix de notre mode de vie est donc indispensable dans notre course effrénée d’un mieux être humain et environnemental. Il est primordial que les fournisseurs et les producteurs, aient une transparence exemplaire qui permette de remonter tout le cycle de vie et au-delà. Ainsi, chaque consommateur aurait le choix le plus juste possible pour lui. Il y a encore un long chemin devant nous à parcourir, mais ouvrons la voie pour nous et nos enfants. Débroussaillons, creusons, replantons, partons sur un terrain plus neutre.

Par Elodie Borcier