Rencontre avec Camille Chaudron

Camille Chaudron est conférencière et consultante en transition écologique mais c'est aussi c’est LA green girl d’Instagram, connue sous le nom de @girl_go_green. Sur son compte, suivi par près de 47 000 personnes, elle partage son quotidien engagé : DIY, recettes de saison, beauté au naturel, mode éthique, engagement citoyen… Son plus ? Elle rend l’écologie (vraiment) très fun. Camille parvient à transmettre des messages importants de façon ludique et nous... On adhère complètement. Rencontre

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Qu’est-ce que signifie “être Responsable” pour toi, aujourd’hui ?

C’est adopter un mode de vie qui nous permettrait de respecter les accords de Paris. Soit générer entre 1,6 et 2,8 t/an/habitant pour espérer limiter le réchauffement de la planète à + 2 °C. Aujourd’hui nous sommes à 11,2 t/an/habitant. Et pour faire cela c’est repenser quotidiennement son mode de consommation et faire des choix différents. Et si on ne peut pas faire des choix différents, alors qu’on les fasse en conscience. Être responsable c’est remettre du sens et de la conscience dans sa consommation.

Comment a germé l’idée de devenir une "éveilleuse de consciences" ?

J’ai lu le livre de Cyril Dion « Petit Manuel de résistance contemporaine » qui m’a insufflé l’audace de vouloir sortir de ma sphère individuelle pour faire bouger le collectif. Car ce n’est qu’en motivant un maximum de personnes à changer leurs habitudes et en mobilisant tout autant de personnes pour faire entendre notre désaccord avec notre système économique actuel que nous réussiront à faire bouger les lignes. Avant de me renseigner sur le sujet, je n’étais moi-même pas du tout consciente de l’ampleur du problème. Tout est fait pour que l’on continue « business as usual », que l’on continue à consommer de manière infinie dans un monde fini (le marketing est le grand outil des entreprises pour cela). Mais si l’on sait, si l’on est informé, alors je crois que l’on ne peut pas rester insensible et ne pas avoir de prise de conscience, même si elle prend du temps : on commence à changer. Donc j’avais envie d’informer et de diffuser l’information à un maximum de personnes, surtout celles qui sont loin d’une sphère écolo.

Les réseaux sociaux, semble avoir un véritable pouvoir pour faire bouger le collectif. Comment t'en sers-tu au quotidien ? 

Je pense que ma communauté m’apporte autant que je leur apporte.

Ce que j’essaie d’apporter à travers mes réseaux ce sont des moyens d’action : à l’échelle individuelle et à l’échelle collective. J'essaie de montrer à ma communauté tous les moyens d’actions qui existent. Je partage des recettes DIY, des marques éco-responsables, qui peuvent être des alternatives à un mode de consommation classique. Mais je partage aussi le travail d’associations, des actions de désobéissance civile etc. En échange ma communauté est un véritable puis d’informations auprès de qui je peux me tourner quand j’ai une question ou que je cherche une solution alternative. C’est donnant-donnant et c’est ça qui est beau. J’ai énormément de chance d’être soutenue par des personnes aussi motivées, engagées, curieuses et bienveillantes. Je me sens soutenue et ça me donne la force de continuer.

Tes gestes essentiels pour avoir un impact positif dans son quotidien ?

Je dirais que les gestes essentiels sont de faire un maximum de courses en vrac et de remplacer les produits jetables par du durable ! Le « zéro déchet » n’est pas une fin en soit. C’est un moyen qui ouvre la porte sur des problématiques plus vastes. Les actions les plus impactantes et accessibles sont manger (beaucoup) moins de viande, (beaucoup) diminuer ses vols longs courrier, mettre son argent dans une banque éthique, manger bio, local et de saison et passer chez un fournisseur d’énergie verte.

Un conseil pour celles et ceux qui cherchent à avoir un impact positif au quotidien ?

Etre indulgent.e avec soi-même et garder en tête les actions à fort impact (car mener une vie parfaitement zéro déchet mais aller à NYC tous les mois n’est pas forcément le meilleur calcul). N’oubliez pas de regarder dans le rétroviseur de temps en temps tout le chemin parcouru. Vous n’êtes peut-être pas parfait.e  mais vous avez certainement beaucoup évolué par rapport à il y a 1 an. Donc dans 1 an vous aurez certainement encore beaucoup évolué.

Et surtout, il faut garder en tête que le travail que l’on fait pour notre environnement et « l’extérieur » est aussi important que le travail que l’on doit faire pour soi et notre « intérieur ». Nous ne pouvons pas aider les autres et l’environnement si nous ne nous préoccupons pas aussi de nous. Et nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de notre société si nous ne changeons pas le plan de conscience qui a créé ces problèmes. Il faut commencer par soi. 

 

Par Debora Attal