< RETOUR

Le zéro déchet, qu’est-ce que c’est ?

Le zéro déchet ne signifie pas forcément s’exiler dans une forêt pour vivre d’amour, de racines et d’eau fraîche. (Bien que certains ont le courage de faire ce choix). Loin d’être irréprochable, le Zéro Déchet permet de repenser son mode de consommation. Plus qu’un mode de vie, il s’agit d’une philosophie de vie.

Penser Zéro Déchet, c’est se poser des questions sur la nature des produits que l’on consomme et les déchets que l’on produit : quel impact sur l’environnement, sur notre santé, comment consommer différemment... Les produits Zéro Déchet, souvent plus coûteux à l’achat, permettent à long terme de réaliser des économies. Faits pour durer dans le temps, ils sont donc moins coûteux que les produits jetables et/ou chimiques. Bref, santé et nature sont les deux fondements de base du zéro déchet et on vous les fait découvrir en détail ici.

Produire moins de déchets

A l’origine du Zéro Déchet, se trouve le mouvement anti-consumériste des années 1970 ! Peace and Love !!! Perçus comme des marginaux (tiens tiens, à 50 ans près, ce fut à peu près la même chose …), le mouvement ne s’est structuré en communauté qu’à partir des années 1990 par le Zero Waste International Alliance ! En France, c’est en 1997 que le CNIID (Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets, ancêtre de Zero Waste France) prône une société zéro déchet, zéro gaspillage. Depuis les années 2000, les initiatives individuelles et collectives ne font qu’augmenter. De précieux engagements pour notre société et notre environnement.

L’objectif premier est de produire moins de déchets, voire pour les plus engagés, ne plus produire de déchets du tout. Cela vous paraît simple ?! Que nenni… Ce mode de vie est très difficile à tenir, pris dans nos habitudes de vie quotidienne. Il peut s’agir d’un marathon surmonté d’épreuves colossales. Les experts en la matière conseillent, comme dans toutes activités sportives, de commencer doucement et progressivement. L’arrêt brutal et total de son ancien mode de consommation peut conduire à de telles frustrations que certaines personnes peuvent opter pour des comportements compulsifs, dans les achats par exemple… Vouloir être parfait sans y parvenir est un véritable traumatisme... Comme un régime quoi ! Avant tout, il faut accepter d’avoir un mode de vie imparfait. Et c’est ensuite que le Zéro Déchet pourra évoluer vers une véritable philosophie de vie.

Acheter mieux, une vraie philosophie de vie

Pourquoi réfléchir autant ? Ce qui butte la plupart des anti-Zéro Déchet, c’est bien le fait de se prendre la tête sur une chose qui paraît aussi simple que consommer… Consommer permet de remplir un réel besoin, ou se faire plaisir. Avoir devient parfois plus important qu’être. Avoir nous fait parfois oublier qui nous sommes, pour aller vers qui nous ne sommes pas. Comme si finalement, la consommation de biens pouvait refléter notre mal être profond. Une sorte de vide sans fond qu’on essaierait de combler.

Dans les faits, nous sommes humains et nous aimons garder nos habitudes et parfois nous faire plaisir. Il est alors nécessaire d’acheter mieux, en respectant nos valeurs et d’acheter moins, pour notre santé, l’environnement et notre porte-monnaie. Que signifie mieux et moins ? Mieux, c’est se tourner vers des produits éco-responsables, dont tout le cycle de vie sera pris en compte, de la fabrication à la fin de vie de l’objet, et équitable. En clair, des produits plus respectueux de l’Environnement et de l’Humain. Par exemple, les premiers gestes consistent à troquer tout ce que l’on achète en sachet, pour du vrac ou du rechargeable (sans plastique, attention au greenwhasiong). Mais c’est aussi acheter en magasin bio et locale, moins souvent de viande sous film plastique du supermarché, par exemple. Au-delà de l’achat, le Zéro Déchet est aussi une autre façon de penser, faire avec ce qu’on possède déjà.

Une mini recyclerie, de la patience et du minimalisme !

Ceci demande un temps d’adaptation au début de la transformation de son mode de vie en Zéro Déchet. Les réflexes et les habitudes de vie sont à revoir. La patience et le minimalisme sont deux arts qui éclosent ici. Le Zéro Déchet, ne se fera pas sans une multitude d’essai-erreurs. Ne plus acheter quand on en a envie, mais seulement quand on en a besoin, s’orienter vers le produit idéal, qui répond à ses attentes et valeur, ne coulent pas de source. La liste de son strict nécessaire sera remise, souvent, au goût du jour. Ce qui est utile pour soi, pour sa famille, ce qui permet d’être juste bien (dans ses vêtements, dans sa maison, au travail etc…) est un équilibre à trouver qui se travaille.

Faire du neuf avec du vieux, ne pas trop encombrer le lieu de vie, attendre que l’occasion d’acheter se présente sont parmi les secrets de réussite du Zéro Déchet. La patience de trouver la bonne pièce déco, ou le bon produit qui répond à tous nos besoins, ne se trouve pas du jour au lendemain. Principale différence avec le consumérisme, où l’offre doit répondre au « besoin » immédiatement. Les technologies au service du Zéro Déchet évolue aussi à leur tour, et redoublent d’ingénierie pour réduire l’emballage des produits, les rendre biodégradables et/ou réutilisables.

De l’ingéniosité, en veux-tu en voilà ?!

De nombreuses marques ont vu le jour grâce au mouvement Zéro Déchet. Les nouveaux procédés de fabrication permettent de produire dans des matériaux plus éco-responsables, à base de matière végétale ou minérale permettent aussi de répondre à cette philosophie de vie !

Le geste de consommation devient dans le Zéro Déchet un geste responsable, où le consommateur devient aussi l’acteur de sa propre vie. Le courant Zéro Déchet a pu faire évoluer les modes de consommation mais aussi de production. Loin du compte, il reste beaucoup d’efforts à fournir. Le consommateur ne doit pas lâcher sur l’analyse des produits qu’il consomme. Quand vous achetez un produit demandez-vous si c’est sain pour vous, votre enfant et/ou l’environnement. Cherchez l’info et faites-vous votre propre avis. Gardez votre libre arbitre ! C’est aussi ça le Zéro Déchet, avoir l’esprit libre de choisir.

Par Élodie Borcier 
Docteure en Biologie Marine et accompagnatrice en transformations de vie